LXVI – NOTULES (509 à 512) : Les effets d’une guerre, survivre en Ukraine, des enjeux oubliés, un optimisme à contre-courant

509 –   S’agissant de la guerre en Ukraine et de ses conséquences, les choses peuvent évoluer dramatiquement et à une vitesse folle. Pour l’instant toutefois, il semblerait que Poutine ait insufflé à l’Occident un niveau de motivation inaccessible autrement. Non seulement, l’OTAN se trouve relancée et même confortée dans sa mission mais la solidarité des démocraties paraît connaître un regain inespéré par ceux-là même qui le réclamaient. Les valeurs civilisationnelles qui définissent l’Occident constituent une source d’inspiration renouvelée.  La hausse des prix de l’énergie a atteint un point où des ajustements majeurs deviennent possibles pour lutter contre les changements climatiques. Aucun chef de gouvernement du monde libre n’aurait pu décider par lui-même d’appliquer un tel choc économique à ses concitoyens : augmenter le prix du pétrole à la pompe et vraisemblablement en réduire la consommation, rendre ainsi économiquement viables l’implantation accélérée et le développement hâtif de ressources énergétiques alternatives. La guerre n’est jamais un bien. Mais un certain bien peut naître parfois même d’un très grand mal. La preuve…

510 –   Je suis hanté par la guerre en Ukraine. Pas uniquement ni même principalement en raison des bouleversements dangereux qui affectent les relations internationales. D’abord et avant tout, en raison du choix délibéré d’un homme et de sa nomenklatura, un choix qui entraîne la mort et la destruction en Ukraine, la honte et l’horreur de leurs propres dirigeants chez de nombreux Russes, la souffrance physique ou morale ou les deux chez tous. Et cela pour un enjeu qui n’a de signification que pour quelques illuminés. Car, concrètement, ce qui importe en tout premier lieu et fondamentalement pour l’immense majorité des êtres humains, c’est de vivre et, si possible, de vivre bien. Vivre et non survivre, surtout quand survivre veut dire survivre aux siens et non seulement survivre aux pires exactions.

511 –   La guerre en Ukraine et l’attitude ambiguë de la Chine nous cachent en quelque sorte d’autres problèmes et enjeux majeurs. En Afrique, sévissent de terribles difficultés de sécheresse, d’affrontements militaires, etc., dont on ne parle pratiquement plus alors même qu’on en parlait déjà trop peu. L’Inde, ce géant sous-estimé, vient de confirmer l’orientation du premier ministre Narendra Modi (lors des élections en Uttar Pradesh) dont la politique affiche de bons résultats à certains égards (en économie industrielle, notamment) mais présente par ailleurs des tendances pour le moins discutables (piètre performance en éducation par exemple, xénophobie jusqu’à un certain point, etc.). Le plus sérieux vient du fait que l’équipement militaire de l’Inde provient pour une très, très large part de Russie. Étant donné le conflit indo-pakistanais et l’instabilité croissante dans la région, voilà qui n’est pas rassurant. À la lumière de telles données, on comprend pourquoi l’Inde n’élève pas la voix contre les indéfendables menées russes en Ukraine. Si la Chine et l’Inde se confinent à une diplomatie de la discrétion en un tel cas, l’Occident doit par prudence envisager que de troublantes surprises l’attendent peut-être.

512 –   Envers et contre tout bon sens, je me permets dans le contexte de la guerre en Ukraine, de la recrudescence de l’inflation en Occident, du tsunami d’immigration vers l’Ouest – plus de 3,3 millions de personnes en trois semaines à peu près dans le cas des seuls Ukrainiens ! –, bref en dépit d’une impressionnante marée de difficultés majeures je demeure optimiste. Jusqu’à un certain point évidemment. Mais pourquoi? Parce que, me semble-t-il, il va y avoir des changements sérieux induits par ces problèmes eux-mêmes. Ainsi, Poutine me paraît avoir commencé sa chute. Quelle forme prendra cette chute? Je l’ignore évidemment, mais de son assassinat à son suicide, d’un renversement venu de l’intérieur à un assouplissement qui lui serait imposé (par la Chine?), d’une défaite militaire pure et simple à l’effondrement de l’économie russe, rien ne me semble impossible dans la situation présente.

            D’autre part, les chances que Bolsonaro perde les prochaines élections brésiliennes s’améliorent apparemment de jour en jour; on ne peut jurer de rien en ces matières, bien entendu, mais il s’agit là d’une prévision basée sur des données constatées depuis un certain temps déjà et qui se confirment de sondage en sondage. Du côté de Viktor Orban en Hongrie, les jeux sont loin d’être faits, mais cela même est déjà une victoire puisque ce chef d’État sympathique à Poutine ne peut plus tenir sa réélection pour acquise. Et qui sait? Peut-être sera-t-il battu, ce qui améliorerait la démocratie hongroise. Plus largement, les pays démocratiques dans leur ensemble ont redécouvert l’impérieuse nécessité de protéger leurs valeurs et, jusqu’à présent du moins, ils sont passés de la prise de conscience à l’adoption de mesures concrètes qui leur coûtent mais qu’ils acceptent de payer, ce qui n’est pas rien!

21. III. 2022

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